Une peinture représentant une scène urbaine avec plusieurs personnes, un chien, un chariot tiré par des chevaux en arrière-plan, et une table verte. Quelques arbres et bâtiments en arrière-plan, la scène semble se passer durant la journée.

Emile SAVITRY

(Saïgon, Indochine 1903 - Paris 1967)

Le Deuil, 1927

Huile sur toile

Signée et datée en bas à droite

54 x 65 cm

Après des études à l’École des Beaux-Arts de Valence puis aux Arts Décoratifs de Paris, Emile Savitry expose ses toiles en 1929, à la galerie parisienne Zborowski, présentées par Louis Aragon qui rédige la préface du catalogue. L’exposition est un succès mais l’artiste, grand ami des surréalistes Robert Desnos et Georges Malkine, préfère fuir à grandes enjambées. Il part avec Malkine dans les îles du Pacifique “sourire aux Maoris” et se consacre désormais à la photographie. Revenu en France, quelques mois plus tard, il débarque sur le port de Toulon où il sympathise avec le guitariste Django Reinhardt qu’il va introduire à la scène jazz de la capitale. Personnage haut en couleur du Montparnasse de l’entre deux guerre, Emile Savitry collabore avec de prestigieux journaux de mode, tire le portrait de nombreux artistes et assiste sur les plateaux de cinéma, notamment Marcel Carné.

Facétieux et fédérateur, volontiers à contre-courant, Emile Savitry est un personnage à part. Sa peinture des années 1920 est d’ailleurs d’une extraordinaire richesse. Si l’on connaît des toiles dans une veine surréaliste, notre tableau s’inscrit plutôt dans une sorte de réalisme poétique. Représentant le deuil, sujet aussi désolant qu’inéluctable, l’heure est au recueillement. Si le chagrin et les questionnements persistent, à l’arrière ça s’active, bonne nouvelle la vie continue.